« L’eau, pilier vital de l’agriculture » : le président de la Chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor met en lumière une ressource essentielle

« L’eau, pilier vital de l’agriculture » : le président de la Chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor met en lumière une ressource essentielle

La terre est sèche, les cours d’eau faibles et la végétation jaunit. L’été 2026 s’installe dans les Côtes-d’Armor avec son lot de records de chaleur. Le département vient de passer en crise sécheresse, le plus haut niveau d’alerte. Pour le monde agricole, l’heure est grave.

Didier Lucas, président de la Chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, a pris la parole ce jeudi. Son message est clair : l’eau est une ressource vitale. Il faut la partager, la protéger, mais aussi la donner à l’agriculture. Sans elle, pas de récolte, pas d’élevage, pas de nourriture.

L’eau, une ressource vitale menacée par la sécheresse

La situation est préoccupante. Les nappes phréatiques sont au plus bas, les rivières peinent à couler. Les restrictions encadrent déjà les usages de l’eau. Et les prélèvements d’eau pour l’agriculture sont sous surveillance. Pourtant, certaines cultures ne peuvent pas s’en passer.

Si l’eau manque, les légumes flétrissent, les céréales restent maigres, les arbres fruitiers donnent peu. La production agricole chute, et avec elle les revenus des exploitations. Didier Lucas le répète : « L’agriculture ne peut se passer d’eau ! »

Gérer l'eau à la ferme sans paniquer
  • Mesurer avant d'arroser

    Des sondes d'humidité pour ne pas arroser inutilement. Chaque goutte compte.

  • Choisir des variétés résistantes

    Blés, maïs ou légumes adaptés au sec. Les rendements suivent.

  • Stocker l'eau l'hiver

    Récupérer la pluie de décembre à mars, c'est anticiper l'été. Les réserves changent la donne.

  • Bien nettoyer les bâtiments

    Avec moins d'eau, grâce à des systèmes haute pression. Les éleveurs le font déjà.

  • Travail du sol

    Limiter le labour pour garder l'humidité en surface. Les racines en profitent.

Irrigation : un enjeu décisif pour les récoltes

L’irrigation complète la pluie lorsque celle-ci se fait rare. Elle sécurise les rendements et garantit la qualité des produits. Les maraîchers, les arboriculteurs et les céréaliers y ont recours. Un maïs irrigué produit deux fois plus qu’un maïs sec.

Mais les tours d’eau sont désormais limités. Chaque goutte compte. Les exploitants adaptent leurs pratiques, changent de variétés, optimisent les apports. Malgré tout, la sécheresse de 2026 met leurs efforts à rude épreuve.

Les animaux ont aussi soif

L’eau ne profite pas qu’aux cultures. Les élevages en dépendent pour abreuver les troupeaux. Une vache laitière boit en moyenne une centaine de litres par jour. Porcheries, volailles et élevages divers ont des besoins quotidiens.

🐄 Garantir l’eau aux animaux, c’est assurer leur santé et la qualité des produits. Didier Lucas insiste : ce n’est pas un luxe, c’est une priorité sanitaire.

  • 🌾 L’irrigation des cultures maraîchères, céréalières et fruitières
  • 🐄 L’abreuvement des animaux d’élevage
  • 🚜 Le nettoyage des bâtiments et du matériel agricole
  • 🌿 Le maintien des prairies pour le pâturage

Une nouvelle gestion de l’eau est indispensable

Face à l’urgence, Didier Lucas demande une révision complète de la politique de l’eau. Fini le saupoudrage. Il faut une vision globale, fondée sur le partage, les économies, le recyclage et le stockage des eaux hivernales. Une orientation stratégique à long terme.

« C’est notre alimentation locale, régionale et nationale qui est en jeu », prévient le président de la Chambre d’agriculture. La gestion de l’eau ne peut plus se décider dans la précipitation.

Stockage hivernal : l’eau de l’hiver pour l’été

En Bretagne, il pleut beaucoup en hiver. Cette eau file souvent à la mer. Le stockage en réserves ou en plans d’eau conserve cette eau pour les mois secs. Les agriculteurs y sont favorables, à condition que le partage soit équitable.

Pierre-Yves, maraîcher près de Saint-Brieuc, y croit. « L’an dernier, on a perdu une partie de nos tomates. Avec une réserve, on pourrait sauver la saison », raconte-t-il. Le stockage hivernal lui assurerait une meilleure visibilité.

S’adapter au changement climatique sans sacrifier l’agriculture

La sécheresse n’est plus un accident. Elle devient un fait régulier. Les agriculteurs s’adaptent : ils changent leurs pratiques, diversifient les cultures, économisent l’eau. Mais ils ne peuvent pas agir seuls. La collectivité doit les accompagner.

Comment nourrir une population sans eau ? La question mérite d’être posée. Au-delà des clivages, Didier Lucas appelle à la clairvoyance. Préserver l’eau, c’est préserver notre souveraineté alimentaire. Dans les Côtes-d’Armor, la profession espère que les arbitrages à venir reconnaîtront le rôle clé de l’agriculture. 💧

L'eau, l'or bleu des agriculteurs ?

Est-ce que les agriculteurs utilisent plus d'eau qu'avant ?

Pas forcément plus, mais plus intelligemment. Les exploitants changent de variétés et optimisent les apports. Le problème, c'est que la ressource se raréfie.

Pourquoi on ne construit pas plus de réserves d'eau ?

Le stockage hivernal divise. Certains y voient une solution, d'autres une privatisation de la ressource. Pour Didier Lucas, il faut un partage équitable.

Un maïs irrigué, ça donne vraiment deux fois plus ?

Oui, d'après les données citées dans l'article. Un maïs sec donne beaucoup moins. C'est pour ça que l'irrigation sécurise les rendements.

La sécheresse de 2026, c'est un cas isolé ou c'est parti pour durer ?

Tout porte à croire que ça va devenir fréquent. Les agriculteurs s'y préparent déjà en diversifiant les cultures et en économisant l'eau.

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